Ce matin une centaine de militant·es, syndicalistes et représentants des salariés mènent une action devant le Ministère de l’Économie. Objectif : sauver la papeterie de Chapelle-Darblay qui est en danger.

Nous sommes en action ce matin devant Bercy pour sauver la papeterie de Chapelle-Darblay qui est en danger. Si nous sommes aux côtés de la CGT, d’Attac, de la F.S.U, de Solidaires, des Amis de la Terre, d’Oxfam France et de la Confédération Paysanne (rien que ça !), c’est bien parce que nous sommes solidaires des salarié·es, pour que vive ce site industriel qui est un modèle d’économie circulaire et un fleuron de l’économie de demain !Deux banderoles de 15 mètres de long interpellent Bruno Le Maire avec le message « Pour qu’industrie rime avec écologie, Sauvons Chapelle-Darblay ». En contrebas du quai, une vingtaine de mannequins représentant des salarié·es ont été jetées à l’eau, dans la Seine.

Devant Bercy, le collectif d’associations et de syndicats Plus jamais ça appelle Bruno Le Maire à sauver le site industriel de Chapelle-Darblay

Ce matin, les organisations du collectif Plus jamais ça et des représentants des salariés de la papeterie ont occupé le parvis du Ministère de l’Économie et des Finances à Paris pour demander à Bruno Le Maire de garantir la sauvegarde intégrale de la papeterie Chapelle-Darblay. L’usine, située à Grand-Couronnes, au sud-ouest de Rouen (76), est à l’arrêt depuis le 6 mai 2020 et sur le point d’être définitivement fermée le 15 juin. La mobilisation s’est déroulée dans le respect des gestes barrière, avec port du masque et distances de sécurité.

120 militant·es, syndicalistes et représentants des salarié·es ont investi le parvis du Ministère de l’Economie et des Finances et ont déployé deux banderoles de 15 mètres de long pour interpeller Bruno Le Maire avec le message « Pour qu’industrie rime avec écologie, Sauvons Chapelle-Darblay ». En contrebas du quai, une vingtaine de mannequins représentant des salarié·es ont été jetées à l’eau, dans la Seine. Alors que les forces de l’ordre commençaient à intervenir, les représentant·es des organisations se sont enchaîné·es au quai. C’est ainsi que Jean-François Julliard, Philippe Martinez, Aurélie Trouvé, Nicolas Girod, Khaled Gaiji et Simon Duteil ont montré la détermination du collectif, sous les fenêtres de Bruno Le Maire.

Selon la CGT, Greenpeace France et Attac, « Il est temps que l’État remplisse son rôle protecteur, et ne laisse plus les intérêts privés lui dicter sa politique économique, d’aménagement du territoire et de développement de l’économie circulaire. Chapelle-Darblay est un symbole de notre souveraineté industrielle, particulièrement nécessaire en ces temps de crise sanitaire sans précédent. Nous sommes là, avec les salariés, pour avoir la garantie que Chapelle-Darblay sera sauvée. »

En octobre dernier déjà, le collectif s’était rendu sur place pour rencontrer les salarié·es et réaffirmer l’impératif de conjuguer industrie avec progrès social et environnemental. La revendication est centrale et hautement symbolique pour le collectif, qui acte aujourd’hui une étape de plus dans sa lutte aux côtés des salariés de Chapelle-Darblay.

Unique en son genre, la papeterie est la seule usine en France capable de fabriquer du papier journal 100% recyclé. Chapelle-Darblay est un modèle d’industrie écologique avec sa chaudière biomasse, sa station d’épuration et la possibilité d’acheminer le papier recyclé par la Seine. L’usine est aussi pourvoyeuse de 750 emplois directs ou indirects dans le bassin rouennais. Face à cette situation et malgré un discours en apparence volontaire, le gouvernement reste attentiste et s’accommode d’offres de reprises qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. La perspective d’une délocalisation des machines afin d’accroître les profits alors même que les activités de la papeterie étaient rentables (16 millions d’euros de bénéfices en 2019) est inenvisageable.

Il y a trois semaines, les organisations avaient déjà lancé une pétition pour interpeller Bruno Le Maire sur la situation.

Sous l’impulsion d’Attac, de la CGT et de Greenpeace, les membres du collectif Plus jamais ça et les salarié·e·s en lutte ont occupé pendant 8 heures le quai du ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance afin que le gouvernement garantisse le redémarrage de l’intégralité des activités de la Chapelle Darblay, dernière usine française de papier 100 % recyclé.

Après avoir fait la sourde oreille et devant la détermination collective des occupant·e·s, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie a accepté de recevoir une délégation des salarié·es et du collectif Plus Jamais Ça. A la sortie de cette discussion, la ministre s’est engagée à ce que la Chapelle Darblay reste un site papetier et qu’aucune offre de reprise ne soit acceptée sans l’aval des salarié·e·s.

Un peu plus d’un an après sa création, le collectif Plus jamais ça démontre que l’industrie française a un avenir si elle rime avec écologie. C’est une victoire concrète pour cette alliance inédite, qui conjugue justice sociale et justice environnementale et au sein de laquelle Attac s’investit pleinement.